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Après les affrontements de Dabou, Adjoukrou et Malinké s’engagent pour la paix devant le Médiateur de la République

Une semaine après sa visite de conciliation et de sensibilisation à la paix et à la cohésion sociale, à Dabou, localité qui a connu des affrontements intercommunautaires lors de la présidentielle du 31 octobre 2020, le Médiateur de la République a reçu les deux principaux acteurs : Adjoukrou et Malinké. C’était le vendredi 12 février 2021, à la Permanence de l’institution, à Cocody, boulevard de l’université.

Après avoir écouté séparément les représentants de ces communautés, le Médiateur de la République a exprimé son étonnement de voir Dabou, une ville cosmopolite, basculer dans la violence : « Je ne comprends pas comment une ville comme Dabou peut basculer dans la violence. Vous savez que Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara, Président de la République, est de Kosrou. Il a des frères qui sont Adjoukrou. Le Cardinal Bernard Yago et de nombreux ministres de la République sont de Dabou », a-t-il dit. Et d’ajouter : « Après avoir écouté les deux parties, j’ai compris que la source de ces affrontements n’est pas communautaire, mais purement politique ». Il a, pour ce faire, invité les hommes politiques au bon ton et à ne pas manipuler la jeunesse. « A l’approche des élections législatives du samedi 6 mars prochain, j’exhorte les hommes politiques à faire en sorte que ces élections se déroulent dans un climat apaisé, qu’ils ne manipulent pas les jeunes et les jettent en pâture. Je les invite à la paix et à la cohésion sociale pour bâtir une Côte d’Ivoire forte et démocratique », a-t-il déclaré.

Heureux de l’initiative de paix du Médiateur de la République, les porte-parole des deux communautés ont déploré ces affrontements d’octobre 2020.

« Nous sommes venus saluer le Médiateur de la République, lui transmettre les remerciements du peuple adjoukrou pour l’intérêt qu’il nous a porté après les événements malheureux que nous conjuguons au passé. Le peuple adjoukrou est un peuple hospitalier, qui a pour slogan le vivre ensemble. La population de Dabou est une population métissée, nous sommes des parents. Nous sommes venus tous ensemble, main dans la main, pour dire tous nos regrets au Médiateur de la République.  Qu’il demande pardon au Président de la République pour nous. Ce qui s’est passé doit être oublié. Nous sommes venus porter un message du peuple adjoukrou au Médiateur de la République, celui de voir le Président de la République en visite à Dabou pour que la ville, qui lui est chère,  profite du développement», a déclaré Djaman Djama, patriarche de Kosrou et porte-parole de la communauté adjoukrou.

Des propos soutenus par Ladji Traoré, secrétaire général de l’Association des ressortissants du Grand Nord à Dabou (Aregnod). Il a réitéré l’engagement de sa communauté à vivre en parfaite harmonie avec le peuple adjoukrou, très hospitalier, qui a permis à leurs enfants de s’épanouir. « Nous regrettons sincèrement ce qui s’est passé et nous voulons que tout le monde se tourne vers la paix, l’entente et le vivre ensemble. Nous avons toujours vécu en symbiose, ne nous laissons pas manipuler par les politiciens », a-t-il indiqué.

Les porte-parole des communautés ont plaidé pour la remise en liberté de leurs enfants incarcérés à la suite de ces tristes événements.

Djaman Djama, porte-parole des Adjoukrou
Ladji TRAORE, port-parole de la communauté malinké